mercredi 9 janvier 2013

Municipales et régionales 2013: Les conditions du Fpi pour aller aux élections


Le Front populaire ivoirien( Fpi) n'entend pas prendre part à une quelconque élection tant que certaines conditions ne sont pas réunies.

Ces conditions ou exigences, c'est selon, le président de ce parti, Sylvain Miaka Ouretto, les a réitérées dans une interview-fleuve parue chez le confrère Notre voie hier, mardi 8 janvier 2013.
Au premier rang de ces conditions, la question sécuritaire. Pour l'ancien parti au pouvoir, l'accent doit être mis avant tout sur la sécurité. « Pour aller aux élections, il faut que la preuve soit faite que les Frci( Forces républicaines de Côte d'Ivoire) sont rentrées en caserne, désarmées et que les dozos ont regagné leur lieu d'origine », réclame le président du Fpi, qui propose que les élections soient sécurisées par les forces régulières que sont la police et la gendarmerie. « Notre pays ne vient pas de naître. Notre pays a acquis son indépendance depuis 1960. Nous avons les forces armées nationales de Côte d'Ivoire. Les militaires, les policiers et gendarmes sont formés, ils apprennent le droit à l'école. Donc, ils savent comment assurer la sécurité des personnes et des biens. Nous allons donc exiger que ceux-ci soient réhabilités pour assurer la sécurité des élections », soutient Miaka, qui souligne tout l'intérêt d'exiger que les conditions sécuritaires soient remplies avant que son parti ne s'engage dans une quelconque élection : «  Nous n'allons pas laisser des gens qui, constatant que leur candidat est en perte de vitesse, sont prêts à prendre des machettes et des kalachnikovs pour contrecarrer celui qui est en avance, assurer la sécurité des élections. La question de la sécurité n'est donc pas une question de moindre importance ».
Autres préoccupations du Fpi, la libération de son icône, Laurent Gbagbo. Même si ce parti ne semble pas en faire nécessairement une condition à sa participation aux élections, il n'y tient pas moins. Pour l'ancien parti au pouvoir, c'est un préalable à la paix, à la restauration de la cohésion sociale et partant, à un apaisement durable du climat sociopolitique.
A écouter Miaka Ouretto, le Fpi fait de la libération de son leader charismatique emprisonné à La Haye, la condition sine qua non d'une stabilité pérenne, sans laquelle le pays ne sera jamais à l'abri des violences récurrentes. « Nous le disons très clairement. Si Laurent Gbagbo sort de prison, la réconciliation va passer comme lettre à la poste. C'est une vérité de La palisse. Pour aller définitivement à la paix, il faut que Laurent Gbagbo soit libre », insiste-t-il.
Mais comment libérer l'ancien chef de l'Etat, aujourd'hui détenu à La Haye en Hollande ? Pour Miaka, il faut une solution politique au cas Gbagbo. « Que le président Ouattara recoure donc à une solution politique pour faire revenir son frère parce que Laurent Gbagbo est son frère( …) Nous lui demandons de faire des efforts pour faire sortir son ami(...) Dans tous les pays du monde, même là où on parle de justice et d'Etat, on prend des mesures de nature politique au nom de la cohésion sociale », souligne le président du Fpi. Et la solution politique dont il parle, c'est une intervention personnelle d'Alassane Ouattara. « C'est le président Alassane Ouattara qui a écrit aux responsables de la Cpi pour leur livrer le président Laurent Gbagbo. Et tout le monde sait comment il a été traité et transféré. Le même chef de l'Etat peut écrire pour demander au nom de la réconciliation, que son frère lui soit ramené. Il peut le faire », préconise Miaka, qui estime par ailleurs que Gbagbo et les dignitaires de l'ancien régime ne doivent pas être les seuls à payer pour tout ce qui s'est passé dans ce pays.
Assane NIADA 

(Source : L'inter, 9 janvier 2013)     

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