samedi 11 août 2012

Une plainte déposée contre Ouattara pour crimes de guerre


Il ne se passe pas un jour sans qu’il y ait des meurtres, viols, agressions dans l’Ouest de la Côte d’Ivoire. Une situation qu’ont dénoncé, lors d’une conférence de presse ce mercredi à Paris, Martine Kei Vao, présidente de l’association des Ressortissants de Côte d’Ivoire, Alain Toussaint, ex-conseiller de Laurent Gbagbo, et Basile Besnard, avocat au Barreau de Paris. Ils ont déposé une plainte mardi contre le régime du président Ouattara pour tous les crimes de guerre commis depuis novembre 2010. Ils réclament également à l’Etat Français une enquête sur ces exactions.

« La situation dans l’Ouest de la Côte d’Ivoire est inacceptable ! » Le ton est donné dès le début de la conférence de presse, ce mercredi, à Paris. Alain Toussaint, ex-conseiller de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, n’est pas le seul à taper du poing sur la table. Martine Kei Vao, présidente de l’association des Ressortissants de Côte d’Ivoire, et Basile Besnard, avocat au Barreau de Paris, ne mâchent également pas leurs mots contre l’actuel régime ivoirien. Ils comptent bien tout mettre en œuvre pour que leur plainte, déposée mardi contre le régime du président Alassane Ouattara pour crimes de guerre depuis novembre 2010, aboutisse.

« La France doit prendre ses responsabilités ! »

Une véritable morgue. Voilà ce qu’est devenu l’Ouest du pays, selon Martine Kei Vao. Assassinats, viols, agressions, sont commis chaque jour en toute impunité par les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI), assure-t-elle. Les tueries commises vendredi dans un camp de réfugiés à Duékoué ont marqué les esprits. Alors que les médias annoncent treize morts, des ONG affirment, selon Alain Toussaint, « qu’il y a eu au moins 211 morts ». Le plus grave estime Martine Kei Vao, « c’est que ces crimes sont commis en présence de l’ONU. (...) Comment on peut affecter dans un pays des soldats dit de la paix, alors qu’ils n’interviennent jamais lorsque des crimes sont commis ? », questionne-t-elle. Démunies et mises à l’écart, la police et la gendarmerie, elles, sont incapables de protéger la population, fustige-t-elle.

Les trois interlocuteurs se sont également adressés à la France. Martine Kei Vao attend du président Hollande qu’il se distingue réellement de son prédécesseur. Il doit selon elle, « ordonner immédiatement l’arrêt des massacres dans l’Ouest du pays pour montrer que le changement c’est maintenant ! » « Nous demandons à la France de saisir le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) pour diligenter une enquête sur les crimes commis depuis les élections de novembre 2010 », a déclaré, pour sa part, l’avocat au Barreau de Paris, maitre Basile Bernard. La requête a déjà été déposée au ministère des Affaires étrangères.

« Seuls les pro-Gbagbo sont désignés responsables des crimes »

« La France doit prendre ses responsabilités ! », renchérit l’ex-conseiller de l’ancien dirigeant ivoirien. Il n’a pas hésité à exprimer son indignation face à l’Etat français, qui a « donné une prime à la violence à Ouattara alors qu’il n’en a rien à faire des droits de l’homme et de la dignité humaine ! » Alain Toussaint dénonce également la lenteur avec laquelle la France a réagi sur les massacres de Dukoué, alors que les Etats-Unis les ont vivement condamnés, d’après Basile Besnard. L’avocat estime, d’autre part, que ce qui « pose particulièrement problème, c’est la crédibilité » de la CPI. « Pour le moment, seuls les pro-Gbagbo sont désignés comme les auteurs des crimes. Si la justice n’est pas homogène, il sera difficile d’avancer vers la réconciliation nationale », assure-t-il.

Un point de vue partagé par nombre de partisans de l’ex-président ivoirien. Ces derniers estiment être les seuls à avoir été mis sur le banc des accusés. Or, pour que la réconciliation nationale soit effective, ce sont tous les responsables des crimes commis en Côte d’Ivoire qui doivent être traduits en justice. Pour le moment ce n’est pas le cas.


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